Innovation

Un savoir-faire traditionnel au service du design moderne

Vous êtes-vous déjà interrogé sur le bouton ?

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Vous êtes-vous déjà interrogé sur le bouton ?

Si la réponse est non, c’est le moment. La première image qui vient à l’esprit, c’est une petite pièce circulaire, en plastique, avec quatre trous parfaitement positionnés en son centre. Une invention d’apparence modeste mais d’une importance mondiale. Et si un bouton était bien plus que cela ? Si cet objet intrinsèquement utile était aussi beau, voire provocant ? Un produit de l’imagination, qui aurait une histoire. Comme un bouton de bois sculpté sur lequel les trous auraient été ingénieusement percés pour créer avec le fil une série de formes multiples et variées. Cela vous intriguerait. Vous auriez envie de le toucher, de sentir sa texture. Vous auriez envie de découdre tous vos boutons et de les remplacer par celui-ci. Bref, vous ne regarderiez plus jamais un bouton de la même manière.

C’est l’essence même de l’art : une vision artisanale associée à une technique sophistiquée qui fait d’un objet fonctionnel l’expression de la beauté et de l’humanité.

Malheureusement, tout comme le bouton, la plupart des espaces de travail laissent peu de place au savoir-faire artisanal. De nombreux managers mesurent la valeur de leur travail à la gestion des coûts et à l’augmentation de la productivité. L’esthétique, le bien-être ou l’engagement des employés sont parfois relégués au bas de la liste des priorités.

Antidote aux espaces de travail manquant cruellement d’inspiration, le savoirfaire traditionnel accentue la fonctionnalité et l’esthétique tout en humanisant l’espace.

Pourtant, il a été montré qu’ils contribuent à la performance globale de l’entreprise, que ce soit au niveau du recrutement et de la fidélisation des talents, de l’engagement des employés ou des cours boursiers.

Les entreprises de premier plan l’ont bien compris et se rendent compte aujourd’hui à quel point le savoir-faire traditionnel peut les aider à concevoir leurs espaces et à exprimer leur culture. Antidote aux espaces de travail manquant cruellement d’inspiration, le savoirfaire traditionnel accentue la fonctionnalité et l’esthétique tout en humanisant l’espace.


Le Maker Movement

Fabriquer des objets de nos propres mains est une manière de nous définir, d’exprimer notre humanité. En transformant des matériaux ordinaires en quelque chose de nouveau, nous réinventons le monde qui nous entoure.

Par le passé, les artisans étaient des bricoleurs, des inventeurs, maîtres de leurs outils et de leur moyen d’expression. Ils transformaient des matières premières en objets utiles et beaux. Pendant très longtemps, ils ont produit des objets uniques.

« L’objet de fabrication artisanale n’est pas forcément unique. Il peut être reproduit, fabriqué en série et conserver cependant des valeurs intrinsèques. »

Matt ClaysonDirecteur, Detroit Creative Corridor Center

Aujourd’hui, le Maker Movement s’empare de l’idée de fabriquer à nouveau des objets à la main, mais cette fois via une utilisation innovante de la technologie. La fabrication artisanale touche de nombreux pans de la culture contemporaine, des bières artisanales aux ateliers de fabrication communautaires. Les Maker Faires organisées par des communautés fleurissent aux quatre coins du monde.

Le succès du site de vente en ligne Etsy, qui propose des produits faits main et sur mesure, et la popularité croissante et l’abordabilité des imprimantes 3D, montrent que des modes nouveaux de fabrication voient le jour grâce au partage des ressources et des connaissances. Il y a une prise de conscience des différences existant entre les produits fabriqués à la main – qui stimulent l’imagination – et les produits conçus dans un seul but utilitaire.

Selon Matthew Crawford, professeur à l’université de Virginie, « le Maker Movement se nourrit d’une idée de base sur nous, êtres humains. Dès l’enfance, nous appréhendons le monde en le manipulant. Nous ne cessons d’expérimenter ».

Aujourd’hui, l’artisanat moderne est accessible à un très grand nombre grâce aux nouvelles technologies. Il représente le lien entre les mondes numériques et physiques, où la technologie convertit les conceptions numériques en artéfacts physiques. Les capacités de programmation ont désormais la même valeur que l’habileté manuelle tandis que le mariage des deux nous pousse à repenser le sens de la maîtrise. La boîte à outils des artisans contient peut-être encore des outils d’usinage et de travail du bois, mais elle comprend sans doute aussi des perceuses ou découpeuses commandées par ordinateur. Les New Makers savent aussi bien programmer un robot que tricoter un pull.

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Bien qu’elle pèse 2,3 kg seulement, elle peut en supporter plus de 300. Parce qu’elle est faite de couches de fibre de carbone chauffées dans un moule, un nouveau matériau pour l’industrie de l’ameublement. Le nouveau processus de fabrication intègre un travail manuel conséquent qui vient compléter les étapes mécanisées.

« L’objet de fabrication artisanale n’est pas forcément unique, précise Matt Clayson, directeur du Detroit Creative Corridor Center. Il peut être reproduit, fabriqué en série et conserver cependant des valeurs intrinsèques. Il raconte l’histoire de celui ou de celle qui l’a conçu. Une histoire qui peut toucher un large marché. C’est ce que la technologie apporte à ce mouvement. »

L’artisanat devient un secteur lucratif.


L’artisanat dans l’espace de travail

Ce n’est peut-être pas un hasard si la catégorie la plus appréciée sur Etsy est celle consacrée aux meubles. Mais si l’on se penche un instant sur le mobilier de bureau, la place réservée à l’artisanat est minime. Les espaces de travail sont conçus dans une optique pragmatique et utilitaire. Le savoir-faire artisanal, lorsqu’il en fait partie, a été utilisé avec parcimonie et peu démocratiquement puisqu’il est surtout présent dans les bureaux des dirigeants.

« L’artisanat peut allier utilité et beauté pour devenir une alternative à la production en série, explique Lew Epstein, directeur général de Coalesse. Son rôle est de s’exprimer dans l’espace de travail à travers l’utilisation de matériaux raffinés ou un mariage homogène entre le numérique et le travail manuel. Il devient un instrument dynamique pour personnaliser l’espace de travail et exprimer les valeurs culturelles de l’entreprise – et enfin enrichir nos environnements et nos expériences travail. »

Selon Lew Epstein, Coalesse voit dans l’artisanat moderne un nom et un verbe. Il est un nom lorsqu’il se définit par son caractère utilitaire. Il est un verbe lorsqu’il décline son utilité en une solution reproductible ou personnalisable, expression d’un savoir différent et de la patte de son créateur. Dans les deux cas, il reste l’élément central de la marque.

John Hamilton Directeur du design, Coalesse Ingénieur de formation, John est à la tête de l’équipe de design et de développement du studio Coalesse à San Francisco, en Californie. John a une expérience internationale du développement de produits et a participé à de nombreux projets ayant donné naissance à des produits innovants et adaptés aux nouveaux comportements professionnels. Il n’y a rien qu'il n'aime plus que les idées provocantes. « Le design, c’est toujours remettre en question les limites. Les nouvelles idées nous déstabilisent, puis nous apprenons à les dompter. C’est cela le savoir-faire moderne. C’est comme cela qu’on peut apporter de nouvelles choses au monde. »
John Hamilton
  Directeur du design, Coalesse

Ingénieur de formation, John est à la tête de l’équipe de design et de développement du studio Coalesse à San Francisco, en Californie. John a une expérience internationale du développement de produits et a participé à de nombreux projets ayant donné naissance à des produits innovants et adaptés aux nouveaux comportements professionnels. Il n’y a rien qu’il n’aime plus que les idées provocantes. « Le design, c’est toujours remettre en question les limites. Les nouvelles idées nous déstabilisent, puis nous apprenons à les dompter. C’est cela le savoir-faire moderne. C’est comme cela qu’on peut apporter de nouvelles choses au monde. »

« Notre marque donne libre cours à l’inventivité, dit John Hamilton, directeur de la conception chez Coalesse. Nous expérimentons l’idée de l’utilisation de nouveaux matériaux, de nouvelles technologies et de nouvelles méthodes dans un artisanat moderne où les machines et le travail manuel font bon ménage. Nous essayons de maîtriser ces nouveaux modes de fabrication. »

« Nous expérimentons l’idée de l’utilisation de nouveaux matériaux, de nouvelles technologies et de nouvelles méthodes dans un artisanat moderne où les machines et le travail manuel font bon ménage. »

John HamiltonDirecteur de la conception, Coalesse

La chaise <5_MY par exemple, nouvelle création signée Coalesse, n’est pas, contrairement à ce que pourrait laisser penser son nom, aussi légère qu’elle y paraît. Bien qu’elle pèse 2,3 kg seulement, elle peut en supporter plus de 300. Parce qu’elle est faite de couches de fibre de carbone chauffées dans un moule, un nouveau matériau pour l’industrie de l’ameublement. Le nouveau processus de fabrication intègre un travail manuel conséquent qui vient compléter les étapes mécanisées. « Même les finitions sont faites à la main, précise John Hamilton. On dirait qu’elle sort tout juste du moule, mais elle est fabriquée entièrement à la main, de la conception numérique au produit final. Grâce à une autre forme de conception numérique, nous expérimentons également une nouvelle application couleur pour aider les clients à visualiser, puis à participer aux dernières étapes de la création de la chaise <5_MY. Cette application permet de sélectionner une couleur standard, de personnaliser une couleur (PMS) ou de retrouver une couleur identique à celle d’une photo prise avec un téléphone. Ces associations sont destinées à explorer de nouvelles façons de repousser les limites de l’artisanat moderne. »

« Ainsi, l’artisanat peut aller au-delà du produit final, explique Lew Epstein. C’est un moyen d’associer les autres à une expérience créative, faite d’histoires différentes, de choix et de satisfaction. »

“Même les finitions sont faites à la main.   On dirait qu’elle sort tout juste du moule, mais elle est fabriquée entièrement à la main, de la conception numérique au produit final.”

John HamiltonCoalesse

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Un nouveau souffle pour le travail artisanal

Le travail artisanal est en pleine réinvention. S’il a produit des objets faits main et rudimentaires, il a aussi donné vie à des objets sophistiqués exposés dans les musées. Il n’a cessé d’évoluer pour devenir aujourd’hui un large mouvement culturel et investir nos lieux de travail. Son expression moderne cristallise habilement un savoir-faire manuel avec la précision des machines. L’alliance du numérique et du physique pour produire et reproduire des créations aussi utiles que belles.

Dans l’espace de travail, l’artisanat est un antidote contre un environnement impersonnel, c’est l’expression de l’individualité et la célébration de la créativité. Grâce à des marques telles que Coalesse, qui explorent sans cesse de nouveaux matériaux, de nouvelles technologies et de nouvelles méthodes de fabrication, l’artisanat poursuivra son évolution naturelle et apportera au monde du travail l’inspiration dont il a besoin pour les décennies à venir. Bienvenue dans le monde des fabricants du XXIe siècle.

 

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